Rétablissement (recovery)

Mouvement international citoyenneté et santé mentale

 thème : Rétablissement (recovery)

source: Site Internet « Pleinecitoyennete »

Le rétablissement est une démarche personnelle de réappropriation de pouvoir. C’est un courant actuellement dominant en matière de transformation des services et politiques de santé mentale un peu partout dans le monde, en particulier dans les pays anglo-saxons, par exemple en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, en Irlande, aux États-Unis et au Canada.

On considère que le rétablissement a pour origine trois sources.

  • Premièrement, le mouvement des personnes utilisatrices de services de santé mentale, remontant aux années 1960, a fait en sorte que ces personnes se sont mises à revendiquer davantage d’autonomie et d’indépendance face au modèle biomédical de la maladie mentale.
  • Deuxièmement, à partir des années 1970, tout un corpus d’études cliniques et longitudinales associées à la désinstitutionalisation a permis que soit graduellement invalidé le modèle Kraepelien de dégénérescence continue de la schizophrénie. Les études ont démontré que de nombreuses personnes, dont le pronostic initial prédisait une telle dégénérescence irréversible, réussissaient avec le temps à très bien se tirer d’affaire et le plus surprenant semblait être qu’en fait, plus ces personnes étaient éloignées du système de traitement typiquement curatif, mieux elles se portaient.
  • Troisièmement, les groupes d’entraide entre pairs, par exemple le mouvement des Alcooliques Anonymes et ses dérivés, ont débuté dans les années 1930 et ils reposaient sur le postulat qu’il est possible de recouvrer sa dignité et de mener une vie satisfaisante et significative malgré des reculs ou rechutes occasionnelles. Le fait de côtoyer des pairs ayant passé par là a alors été identifié comme mesure favorisant l’espoir de pouvoir s’en sortir.

Ces trois phases de l’évolution institutionnelle correspondent ainsi aux phases de l’évolution individuelle: après la maladie, le rétablissement et après le rétablissement, le retour à la vie qu’on souhaite mener.

Et de fait, ce qu’il s’agit de retrouver, après avoir réussi à contrôler les symptômes (psychiatrie curative) et avoir réappris à exercer certaines habiletés de fonctionnement (psychiatrie réhabilitative), c’est une citoyenneté pleine et entière (psychiatrie citoyenne).

Au États-Unis, le recovery (rétablissement) est dans l’air depuis plus de 20 ans. Au Québec, nous en parlons officiellement depuis plus de 5 ans. Il semble que ces deux mouvements que sont le rétablissement et la psychiatrie citoyenne, bien qu’ils aient jusqu’ici évolué en parallèle, sont en fait complémentaires. Ainsi, l’une des distinctions à établir entre la psychiatrie citoyenne et le recovery, c’est que l’aspect politique nous semble plus développé avec la première, bien que le rétablissement peut lui aussi se définir en termes politiques, soit spécifiquement sous forme de politique socio-sanitaire ou de santé mentale. Il semble aussi que le recovery, à l’américaine, reste essentiellement centré sur l’individu et son environnement immédiat, avec toutefois des interventions ayant été démontrées une efficacité.

Au Québec, le rétablissement est l’un des six principes directeurs du Plan d’action en santé mentale: la force des liens du Ministère de la santé et des services sociaux. Ce plan national entré en vigueur en 2005 encadre le développement des ressources et vise à développer :

1) le pouvoir d’agir des usagers et des proches

2) le rétablissement

3) l’accessibilité

4) la continuité des services

5) le partenariat

6) l’efficience du système de soins

Promouvoir les valeurs de la pleine citoyenneté et du rétablissement

http://pleinecitoyennete.com/mouvement-international-citoyennete/le-retablissement/

 




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